La chronique de vatican II (1)

Cette chronique a pour but de nous aider à redécouvrir (ou découvrir !!) l’évènement majeur que fut pour l’Eglise catholique le concile Vatican II ouvert il y a 50 ans.

Cet article débute par une présentation générale de Vatican II. Il est tiré de celle faite par l’historien catholique Jean Delumeau dans son ouvrage « des religions et des hommes ». Les prochains numéros présenteront successivement chaque grand texte (points principaux et extraits).

Présentation générale 

Quand Jean XXIII, le 25 janvier 1959, annonça la convocation du concile (le précédent Vatican I datait de 1869 !), ce fut une énorme surprise dans le monde et dans l’Eglise catholique elle-même. Elu trois mois plus tôt (après 11 tours de scrutins), agé de 77 ans, Angelo Roncalli auparavant archevêque de Venise, paraissait devoir être un « pape de transition » après le long pontificat de Pie XII.

Or ce personnage plein d’humour voulut dit-il « faire passer un courant d’air frais dans l’église ». Il assigna deux buts au concile : adapter l’église romaine au monde d’aujourd’hui – l’aggiornamento – et ouvrir la voie à la reconstitution de l’unité chrétienne. Jean XXIII, qui se sut rapidement atteint d’un cancer inguérissable, pressa les travaux préparatoires de l’ouverture du concile. Celui-ci ouvrit sa première session à l’automne 62. Le pape mourut dès juin 1963 après une longue agonie. Son remplaçant, Paul VI, conduisit le concile jusqu’à son terme. La clôture eut lieu en décembre 1965.

Vatican II fut le premier concile de dimension planétaire. Les invitations furent envoyées à 1101 évêques du continent américain, 1109 en Europe, 480 en Asie, 336 en Afrique, 77 en Océanie et à 103 supérieurs généraux de congrégations ; soit au total 3056 « pères ». Mais tous ne purent pas venir (maladies, retenus dans pays communistes…) ; les assemblées conciliaires groupèrent environ 2200 votants, contre 700 à Vatican I.

Comme aux conciles antérieurs, les « pères » étaient conseillés par des « experts ». Parmi ceux-ci, Jean XXIII imposa des théologiens qui avait été tenus en suspicion sous Pie XII (le dominicain Congar, le jésuite de Lubac) et le dominicain Chenu vint comme expert d’un évêque de Madagascar. En outre, innovation sensationnelle à l’époque, Jean XXIII invita des observateurs des autres confessions chrétiennes. De 31 au début, ils étaient une centaine à la fin. Enfin Paul VI invita une cinquantaine d’auditeurs laïcs et créa un service de presse pour informer les journalistes.

Voici comment fonctionne un concile : des « commissions » au Vatican préparent les sujets qui seront discutés et que’on appelle des « schémas ». Une fois le concile rassemblé, ces schémas sont soumis à des « congrégations » générales. Dans celles-ci, chacun peut prendre la parole dix minutes ; le texte est éventuellement renvoyé pour une nouvelle rédaction (cas fréquent). Enfin des « congrégations publiques » présidées par le pape, votent définitivement les textes.

Le concile eut quatre sessions : la première à l’automne 1962 sous Jean XXIII, les trois autres sous Paul VI, à l’automne 1963, à l’automne 1964,  et à l’automne 1965, chacune de 2 à 3 mois.

On pouvait penser lors de l’ouverture, que les services centraux de l’Eglise, la Curie, allaient comme d’habitude, organiser et diriger le Concile. Mais les choses se passèrent autrement : d’abord Jean XXIII créa une commission d’un type nouveau chargé de « l’apostolat des laïcs » puis un « secrétariat pour l’unité des chrétiens ». Ensuite, dès l’ouverture sur proposition du cardinal Liénart, archevêque de Lille, l’assemblée refusa les listes des membres des commissions préparées par la curie. Peu après les « pères » décidèrent, par souci d’efficacité, de ramener de 70 à 20 le nombre de schémas à discuter. Il devenait clair que le concile ne serait pas une chambre d’enregistrement des textes élaborés par les bureaux romains. Dès lors s’installa une majorité désirant, dans les perspectives de Jean XXIII, l’adaptation de l’église au monde moderne, le dialogue oecuménique  et un ressourcement dans l’Ecriture et de l’autre, une minorité plus attachée au passé, formée surtout de membres de la curie et d’évêques italiens et ibériques.

Les textes votés par un concile se répartissent en trois catégories : des « constitutions » ou documents majeurs, des « décrets » visant à l’application de celles-ci, des « déclarations » exposant les lignes de conduite de l’Eglise. Ces textes ne doivent pas être confondus avec les « encycliques » qui sont des lettres publiques d’un pape.

La constitution sur la liturgie, votée en décembre 1963 (par 97 % des participants) a eu de grandes conséquences sur la vie des chrétiens : elle permit les messes concélébrées, restaura l’usage de la langue vivante et appela les fidèles à une participation bien plus active à la messe.

La prochaine rubrique traitera de la Constitutiono sur l’Eglise, désignée par « Lumen Gentium » qui sont les deux premiers mots du texte latin. Viendront ensuite les autres grands textes.

En conclusion, Vatican II a été un évènement d’une très grande portée. Mais il ne pouvait résoudre en trois ans tous les problèmes qui se posaient et qui se posent encore à l’Eglise catholique. Le père Congar, l’un des « experts » les plus écoutés, disait à la fin du Concile «  l’ouvrage réalisé est fantastique et pourtant tout reste à faire »

Cette chronique veut y contribuer.

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