Pour une société plus conviviale ?

Jeux en lignes : entretien avec un geek qui a mûri

Louis, 23 ans, un bon exemple du geek occidental toulousain du doyenné, livre son expérience et sa ré exion sur le monde virtuel et réel des jeux connectés.

Des jeux du Cirque aux jeux télévisés

Capture d_écran 2017-06-19 à 12.29.01

– Comment avez-vous découvert une authentique convivialité dans les jeux de plateau,
à l’inverse des jeux en ligne?

– Je n’ai plus l’habitude de jouer aux jeux de société en France.
C’était pourtant une activité régulière, étant plus jeune. Cela au profit des jeux-vidéo en ligne, qui joignent aussi plusieurs joueurs dans une même partie, avec peut-être un caractère plus dynamique.
À l’occasion d’une soirée dans un bar en Pologne, j’ai redécouvertune bonne partie de « Dixit » malgré l’obstacle de la langue. Peu se risquaient à l’anglais mais les interactions physiques suffisaient à transmettre une légère euphorie teintée d’alcool. Cette sensation- émotion ne se retrouve pas dans les jeux-vidéo où, pendu au chat, on essaie de com- prendre et de se faire comprendre !

– Pourquoi joue t-on?

– Pour gagner, pour fuir le jeu de rôles du paraître de l’hypocrisie sociale, pour l’avènement utopique d’un monde ludique ? Évidemment pour s’échapper du quotidien, spécialement dans certains jeux qui repro-duisent des sociétés d’époque et de lieu mythiques avec leurs propres modes de survie ou de vie économique. Ces univers parallèles ne connaissent pas le chômage; chacun peut y accomplir, en rêve, des hauts faits et ainsi atteindre gloire et renommée sur son serveur avec la volonté de gagner à tout prix, d’être le meilleur, surtout dans les jeux compétitifs (combat en arène, jeu de tir comme MOBA ou FPS) qui fonctionnent le plus sur le marché actuel. Les jeux ont aussi un autre but majeur en faisant passer le temps : ce sont des tranquillisants individuels et sociaux qui divertissent les joueurs pendant ces heures à perdre !

– Les jeux en ligne sont-ils à l’origine d’une nouvelle socialisation par la virtualité
ou d’une désocialisation avec l’addiction au réseau?
– Ceci dépend du contexte, de la personne. Personnellement, j’ai vécu une phase de désocialisation, de déconnexion de la vie réelle lorsque je jouais à World of warcraft, en ne consacrant plus de temps à mes amis physiques voire en coupant définitivement avec certains. Toutefois je partageais autant si ce n’est plus avec vingt garçons des quatre coins de la France pendant mes longues soirées accroché au chat vocal, afin de coordonner des actions à vingt ou plus. Je regrette la fin de cette amitié en ligne, partie non asociale de ma vie qui restait plus fragile par l’éloignement géographique.

 

– Cette activité mentale et numérique, qui est une source de plaisir et d’affûtage de la fantaisie, permet-elle la rencontre du désert rural et du monde urbain mondialiste ?
– En regardant quelques youtubers spécialistes des jeux-vidéo qui « cartonnent » actuellement, on se rend compte que la plupart ne viennent pas forcément des métropoles. À l’image du jeune de la campagne qui faisait tout pour acquérir une voiture et ainsi pouvoir s’échapper, certains éloignés des grands centres urbains se sont jetés sur la technique d’Internet, afin d’exploser leur bulle de solitude. Internet en général et les jeux-vidéo désenclavent !

– L’exemple récent de Pokemon-Go aère-t-il seulement des connectés en manque d’activité physique ou bien est-il une occasion de rencontres véritables de visu entre des personnes de tous les milieux sociaux ?

– Durant les très nombreux kilomètres parcourus à pied ou à vélo depuis bientôt un an par le gros joueur que je suis, j’ai rencontré plusieurs « dresseurs » aux profils extrêmement variés, un couple de cinquantenaires, des jeunes à l’aspect plutôt défavorisé, forcément des geeks. J’ai même croisé contre toute attente certaines femmes de 25 à 30 ans. Le plus flagrant dans ces rencontres est l’effervescence des joueurs dans les parcs. En plus de faire sortir les personnes, le jeu, pour en profiter pleinement, pousse à la coopération nécessaire entre les joueurs d’une même équipe (trois équipes au démarrage et une à choisir). Ce jeu basé sur la réalité augmentée pourrait malgré ses défauts être le nouveau mode d’interaction.

Propos recueillis par Éric

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s