Accueil des réfugiés et migrants

Nous savons que l’accompagnement des migrants se fait sur le long terme et que parfois le découragement, la rencontre difficile de deux cultures, peut démobiliser certains. La présence auprès de ces personnes ne vous permet peut-être pas de trouver un temps de relecture. Le service diocésain de la pastorale des migrants et celui de la diaconie proposent à tous : groupes, associations, personnes bénévoles engagées auprès des migrants à se retrouver pour vivre un temps de relecture
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Migrations : le point de vue des cigognes

Par le Père Jean Christophe Cabanis

Invité par un diacre de ma connaissance en mission à Meknès au Maroc, j’ai pu honorer cette invitation au mois de Juillet en passant deux semaines dans la paroisse dont il s’occupe. Celle-ci est essentiellement fréquentée par des jeunes de l’Afrique Sub-saharienne, étudiants et étudiantes pour la plupart, qui retrouvent là comme une famille. Et puis, le phénomène migratoire est très présent : Beaucoup de jeunes, et aussi de très jeunes (mineurs), venus aussi de l’Afrique Sub-saharienne (Cameroun, Guinée, Côte d’Ivoire…), traversent les pays du Sahel, le Sahara, les pays d’Afrique du Nord, pour tenter de passer la frontière de l’Espagne et arriver en Europe. Lire la suite

Accueil et aides aux réfugiés et migrants

Accueil et aides aux réfugiés et migrants : comment relire cet élan de générosité ?

Après l’émotion soulevée par les drames répétés et les images d’une sorte d’exode, un élan de solidarité important s’est développé dans la société civile, et particulièrement au sein des communautés chrétiennes, invitées et encouragées en cela par les appels du pape François. Vous avez répondu depuis plusieurs années à cette sollicitude en  proposant : aides, dons, accompagnements, hébergement… Lire la suite

L’acceuil des familles migrantes dans le doyenné

Suite à la réunion qui a eu lieu à l’église St Jean-Baptiste le 9 Novembre dernier, à l’initiative des EAP de St Paul et des 7 Deniers et de l’équipe locale du CCFD, il a été décidé, en lien avec l’association AEMO (Association d’Entraide aux Minorités d’Orient), d’accueillir deux familles venues d’Irak. Lire la suite

2014 : Gagner la paix

Marie (prénom changé), est née juste après la première guerre mondiale et la révolution soviétique, d’une famille russe dans la débâcle de l’armée blanche. Son père, officier militaire, rescapé de la « campagne de glace », était ’’blanc’’ à cause des circonstances, comme il aurait pu être ’’rouge’’. Marie est née en Turquie dans les premiers camps de réfugiés de la Société des Nations, dans des conditions effroyables. En transitant par la Bulgarie, elle est arrivée en France avec ses parents et son frère. Ses parents, orthodoxes d’une foi très profonde, lui transmettront cette foi, même si elle deviendra catholique au contact de son mari. Son mari est français, boulanger de métier. Marie est maintenant arrièregrand- mère et le phare d’une famille d’aujourd’hui, c’est-à-dire un peu dans le flou des convictions. Elle est visitée par le Service de l’Evangile auprès des Malades dans une maison de retraite du doyenné, et n’est toujours pas apaisée au fond d’elle-même.

Ce récit, résumé de près d’un siècle, n’est-il pas une histoire de notre Europe ?

Décimée par 2 cataclysmes en 30 ans, elle a été le théâtre de grands mouvements de population. Les nations se sont mélangées selon les circonstances économiques, politiques. La parenthèse soviétique a duré 70 ans.

L’Europe politique est maintenant dans sa 6ème décennie, et elle s’élargit toujours plus, partant de l’Ouest et gagnant l’Est, gagnant aussi la paix, souhaitons-nous.

L’histoire de Marie n’est pas banale, mais elle est malheureusement répétée aujourd’hui par des migrants venus d’encore plus loin, fuyant eux aussi des guerres, des tyrans, des situations de misère. Un peu comme la Sainte Famille en Egypte.

Le pape Benoit XV s’était opposé à la guerre en 1914. Les textes officiels de l’Eglise ont toujours condamné les dictatures politiques et les régimes creusant les injustices. Dans les années post-coloniales, Paul VI a écrit que ‘’le développement est le nouveau nom de la paix ‘’

Aujourd’hui, c’est l’argent qui est dénoncé comme générant des conflits à travers le monde, à cause des fossés qu’il creuse entre une minorité de nantis et une majorité qui essaie de surnager. La paix est l’affaire de tous. Il ne s’agit pas de se satisfaire d’une certaine tranquillité, il faut gagner la paix autour de nous et dans le monde. La paix est un combat qui se gagne d’abord sur nous-mêmes pour vaincre notre égoïsme, notre orgueil. La paix est un combat contre la peur de l’autre. Elle passe par la rencontre, le dialogue, le pardon, le respect de la Création. Pour que toutes les Marie qui naissent soient accueillies dans un monde de paix.

Jean-Christophe Cabanis